✝️ Credo

✝️ Credo

by Dominicains de Bordeaux
Season 1
Dieu parle
La foi peut-elle commencer ? Désir de bonheur, émerveillement et Révélation Qu’est-ce qui fait naître la foi chrétienne ? Avant même toute adhésion à un credo, la foi prend racine dans l’expérience humaine la plus universelle : le désir. Désir d’un bonheur sans limite, d’une vérité ultime, d’un sens capable de traverser la finitude et la fragilité de nos vies. Dans cet épisode d’ouverture consacré au Credo, nous explorons ces points de départ intérieurs où la foi peut éclore : l’émerveillement devant la beauté du monde, la quête intellectuelle de la vérité, l’appel silencieux de la conscience morale, mais aussi la confrontation à la condition tragique de l’existence, marquée par la mort et l’impossibilité d’aimer à la mesure de notre désir. Car si l’attente habite l’homme, elle n’est pas encore la foi. La foi naît lorsque Dieu prend la parole. Où et comment parle-t-il ? À travers la création, la beauté, la conscience humaine, Dieu prépare l’homme à entendre davantage. Mais surtout, il se révèle dans l’histoire : par l’appel d’Abraham, la mission de Moïse, la voix des prophètes, et finalement par la personne même du Christ Jésus, plénitude de la Révélation chrétienne. Cet épisode pose les fondations d’un parcours pas à pas du Credo, compris comme une réponse libre et confiante de l’homme à la parole que Dieu lui adresse, transmise par les Écritures et le témoignage ininterrompu de l’Église. 👉 Une invitation à redécouvrir la foi non comme un système abstrait, mais comme une rencontre vivante, enracinée dans l’expérience humaine la plus profonde. 🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
L'homme répond
Croire : une réponse, une intelligence, une rencontre Qu’est-ce que croire, au juste ? La foi chrétienne n’est ni une illusion passagère ni une construction imaginaire destinée à rassurer. Elle naît d’une rencontre : la rencontre entre la parole que Dieu adresse à l’homme et la réponse libre que l’homme choisit de lui donner. Dans cet épisode, nous poursuivons notre parcours pas à pas du Credo pour comprendre comment la foi se forme, grandit et devient véritablement adulte. La foi commence toujours par une initiative de Dieu, une grâce antérieure qui travaille le cœur de l’homme, souvent à travers les événements de la vie, les épreuves, mais aussi par la prédication, par des paroles entendues, parfois confuses, parfois encore mal comprises. Ces premiers pas sont hésitants, mais ils ouvrent un chemin de recherche et de confiance. La foi se déploie alors selon trois dimensions inséparables. D’abord, Dieu qui parle : nous croyons parce que Dieu s’est révélé, parce qu’il a pris l’initiative de nous dire quelque chose de lui-même. Ensuite, ce que Dieu dit : la foi n’est jamais aveugle, elle engage l’intelligence, même si la compréhension demeure toujours partielle et imparfaite. Enfin, la foi est un mouvement vers Dieu : une confiance, une orientation de toute la vie vers celui qui promet le salut. À travers de belles images, comme celle du « point de vue » qui révèle soudain l’harmonie d’un ensemble jusque-là confus, cet épisode montre que la foi est moins une démonstration qu’une rencontre personnelle. Dieu n’est pas un objet que l’on prouve, mais quelqu’un à qui l’on répond, à la manière d’une parole d’amour qui appelle une confiance. Cette rencontre intime n’enferme pourtant jamais le croyant dans une expérience isolée. Le « je crois » de la foi personnelle s’inscrit toujours dans un « nous croyons » : celui de l’Église, de la communion des croyants à travers le temps, d’Abraham aux apôtres, jusqu’à aujourd’hui. Confesser sa foi, c’est entrer dans cette histoire vivante où Dieu rencontre l’humanité entière. 🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
Je crois
« Je crois » : une foi reçue, partagée et confessée Dire le Credo, ce n’est pas seulement prononcer une formule : c’est professer sa foi, confesser une relation vivante avec Dieu. Dans cet épisode, nous poursuivons notre chemin à travers les articles du Credo pour approfondir ce que signifie vraiment dire « je crois ». La foi chrétienne est toujours une réponse à l’appel de Dieu, un appel adressé à l’humanité tout entière, révélé pleinement en Jésus-Christ. Si cette réponse est personnelle et intime, elle n’est jamais isolée. Dire « je crois » revient toujours, en même temps, à dire « nous croyons ». Car la foi est reçue : transmise par l’Église, nourrie par l’Écriture, portée par le témoignage des générations de croyants qui nous ont précédés. Cet épisode met en lumière la dimension profondément communautaire de la foi. Nous croyons avec les mots de l’Église, avec le langage qu’elle a façonné pour dire ce qu’elle croit « de tout son cœur ». Ces mots, ce sont les symboles de la foi : le Credo des apôtres, sobre et fondamental, et le Credo de Nicée-Constantinople, plus développé, fruit des grands débats théologiques des premiers siècles. Que signifie le mot « symbole » ? Dans l’Antiquité, il désignait un objet partagé servant de signe de reconnaissance. De la même manière, le symbole de la foi permet aux chrétiens de se reconnaître, de manifester leur unité, de confesser ensemble la même rencontre avec le Christ. Dire le Credo, c’est dire à l’autre : « Voilà ce que je crois », et découvrir avec émerveillement que cette foi est partagée. À travers l’histoire des formules de foi — depuis les confessions les plus simples (« Jésus est le Christ ») jusqu’aux formulations conciliaires plus précises — cet épisode montre comment la foi de l’Église se déploie, s’approfondit et se transmet, toujours fidèle au même noyau vivant. Un épisode pour comprendre comment notre foi personnelle s’enracine dans la foi de l’Église et comment, en professant le Credo, nous entrons dans la grande communion des croyants, à travers le temps et l’espace. 🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
Un seul Dieu
« Je crois en un seul Dieu » : l’unicité de Dieu, source de vie et de salut Où trouver la foi de l’Église ? L’Église dit sa foi dans le Credo, cette grande prière commune qui rassemble les chrétiens et exprime, sous forme de symbole, ce que l’Église croit et confesse. Dans cet épisode, nous entrons enfin dans le texte lui-même, en commençant par sa première affirmation fondamentale : « Je crois en un seul Dieu ». Que signifie croire en un Dieu unique ? Cette profession de foi engage une rupture radicale avec le polythéisme, où le divin se disperse en une multitude de dieux chargés de gouverner les différents aspects du monde. Face à ces visions religieuses multiples, la foi biblique affirme l’existence d’un seul Dieu, créateur du ciel et de la terre, maître de l’histoire et source de toute vie. L’épisode retrace le cheminement d’Israël vers cette foi monothéiste. D’abord marquée par une alliance exclusive avec un Dieu particulier — une monolâtrie — la foi d’Israël découvre progressivement que ce Dieu n’est pas « un dieu parmi d’autres », mais l’unique Dieu véritable, face auquel les idoles se révèlent être de simples illusions. Cette unicité de Dieu n’est pas une abstraction philosophique : elle est une expérience vitale et salvatrice. « Écoute, Israël, le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. » Dire qu’il n’y a qu’un seul Dieu, c’est aussi affirmer que ce Dieu est le Dieu de tous les peuples. Judaïsme, christianisme et islam partagent cette foi en l’unicité divine. Mais une question essentielle demeure : quelle relation entretenons-nous avec ce Dieu unique ? Car une même personne peut être connue de façons très différentes — comme père, voisin ou maître. Il en va de même pour Dieu. L’épisode invite alors à aller plus loin : qui est ce Dieu en qui nous croyons ? Loin d’un principe impersonnel ou d’un juge lointain, Dieu se révèle dans les Écritures comme le Dieu vivant, source de tout être, éternellement jeune et créateur. Il se nomme lui-même : « Je suis celui qui suis ». Il est le Dieu saint, infiniment autre, mais aussi le Dieu de tendresse et de pitié, celui qui pardonne et sauve. Et, dans le Nouveau Testament, cette révélation atteint son sommet : « Dieu est amour ». Ainsi, croire en un seul Dieu transforme profondément notre regard sur le monde, sur les autres et sur nous-mêmes. Cette foi devient action de grâce, reconnaissance de la dignité de toute personne humaine et confiance radicale en Dieu, seul véritable appui au cœur de ce qui passe. 🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
Le Père
« Je crois en Dieu, le Père » : une paternité révélée et vécue Après avoir confessé la foi chrétienne en un Dieu unique, cet épisode nous fait entrer plus avant dans le mystère proprement biblique de Dieu : « Je crois en un seul Dieu, le Père Tout-Puissant ». Avant même de considérer la toute-puissance divine, le Credo nous invite à accueillir un nom décisif : Père. Loin d’un principe abstrait ou d’une divinité lointaine, la révélation biblique dévoile Dieu comme un Père qui engendre, accompagne, cherche et sauve. Bien des images faussées de Dieu – policier céleste, rival de notre liberté, juge arbitraire – sont ici interrogées et dépassées. La foi chrétienne appelle une véritable conversion du regard : apprendre à reconnaître Dieu non comme un obstacle à notre bonheur, mais comme sa source. Cet épisode plonge dans l’expérience fondatrice du peuple d’Israël, engendré non par la force ou la chair, mais par la promesse gratuite adressée à Abraham et Sarah. Israël découvre peu à peu que son existence même est portée par une parole fidèle, indéfectible : Dieu est Père parce qu’il donne la vie, protège, relève et ne renonce jamais à son peuple, même dans l’épreuve de l’exil. La paternité divine se révèle aussi dans une tendresse profondément concrète. Les Écritures osent parler de la miséricorde de Dieu avec des images maternelles : un amour viscéral, une compassion qui ne peut oublier l’enfant porté dans son sein. Cette paternité est donc à la fois puissance créatrice et proximité infinie. Au sommet de la révélation, Jésus-Christ dévoile une relation encore plus profonde : Dieu n’est pas seulement « notre Père », il est « mon Père ». Dans la vie, les gestes, la mort et la résurrection du Christ, se donne à entrevoir le mystère trinitaire : une vie de relation, de don et d’amour, dans laquelle nous sommes appelés à entrer. Lorsque Jésus nous apprend à dire « Notre Père », il nous fait participer à sa propre relation filiale. Dire que Dieu est Père n’est donc pas une simple métaphore projetée à partir de nos expériences humaines. C’est au contraire toute paternité humaine qui trouve sa source et sa vérité dans cette paternité première, « de qui toute paternité au ciel et sur la terre tire son nom ». La foi chrétienne devient alors une obéissance confiante, filiale, portée par la certitude d’être aimé, cherché et relevé. Un épisode invite à méditer en profondeur ce nom central du Credo : Père, cœur battant de la foi chrétienne. 🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
Père, fils et Esprit-Saint
Le Père, le Fils et l’Esprit : entrer dans le mystère de la Trinité Lorsque nous professons : « Je crois en un seul Dieu, le Père Tout-Puissant », nous confessons bien plus qu’une paternité bienveillante et créatrice. Pour la foi chrétienne, cette paternité divine comporte deux dimensions étroitement liées : Dieu est notre Père, source de toute vie et objet de notre confiance, mais il est aussi, d’une manière unique et propre au Nouveau Testament, le Père du Fils éternel. Cet épisode nous conduit au cœur même de la foi chrétienne : le mystère de la Trinité. Un mystère non pas inventé par des théologiens, mais révélé progressivement à travers la vie, la mort et la résurrection de Jésus-Christ. Le Nouveau Testament ne prononce jamais le mot « Trinité », et pourtant il place le lecteur devant un paradoxe immense : le Dieu unique, confessé depuis des siècles par Israël, se révèle comme vivant de toute éternité en trois personnes — le Père, le Fils et l’Esprit Saint. Jésus ne parle pas de Dieu seulement comme « notre Père », mais comme « mon Père », dans une relation propre, unique, antérieure même à la création du monde. Cette révélation oblige l’Église à forger un langage précis pour dire sans trahir le mystère : le Fils n’est pas seulement « de même nature » que le Père, il est un avec lui, consubstantiel, partageant une seule vie, une seule lumière, un seul être. L’épisode rappelle également les grands piliers de la foi chrétienne : certaines vérités, comme l’existence de Dieu ou sa providence, peuvent être atteintes par la raison humaine. Mais d’autres — l’Incarnation et la Trinité — ne peuvent être connues que par la Révélation. Elles dépassent l’intelligence sans jamais la contredire, et conduisent non à une explication exhaustive, mais à la contemplation et à l’adoration. La Trinité n’est pas un concept abstrait : elle est le cœur vivant de Dieu. Le Père se dit et s’engendre dans le Verbe éternel, le Fils ; de leur amour réciproque jaillit l’Esprit Saint. Dieu est, avant toute création, une communion, un don éternel, une vie qui se donne. Cette vie trinitaire éclaire aussi l’œuvre de la création et du salut. Dieu nous pense dans son Verbe et nous aime dans l’Esprit avant même notre existence. La foi trinitaire révèle ainsi que l’origine du monde n’est pas un acte froid ou mécanique, mais un acte d’amour. Confesser la Trinité, c’est reconnaître en Dieu la source jaillissante de toute vie, appelée à se communiquer. Un épisode exigeant et lumineux, pour entrer humblement dans le mystère central de la foi chrétienne. 🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
Le Tout-Puissant
« Le Père Tout-Puissant » : une puissance d’amour face au mystère du mal Lorsque le Credo confesse la foi chrétienne en « un seul Dieu, le Père Tout-Puissant », il associe étroitement deux mots que l’on ne peut jamais séparer : Père et Tout-Puissant. Cet épisode nous invite à redécouvrir le sens profondément chrétien des attributs divins, à rebours des images déformées d’un Dieu arbitraire ou écrasant. La toute-puissance de Dieu n’est pas une force capricieuse qui violerait la logique ou les lois de la création. Dieu ne fait pas l’absurde, il ne veut pas le contradictoire. Sa toute-puissance désigne sa capacité à accomplir tout ce qui est réellement possible, et toujours selon la sagesse et le bien le plus grand. Parce qu’il est Père, la toute-puissance divine est fondamentalement bienveillante, ordonnée au salut et à la croissance morale de l’humanité. Mais cette confession se heurte immédiatement à une question brûlante : si Dieu est tout-puissant et Père, pourquoi le mal existe-t-il ? L’épisode aborde sans détour le scandale du mal moral — la liberté capable de choisir le péché — et du mal de souffrance — la maladie, la mort, les drames de l’existence. La tradition chrétienne distingue ce que Dieu veut et ce qu’il permet. Dieu ne veut pas le mal, mais il le permet par respect pour la liberté qu’il a donnée à ses créatures, car on ne peut aimer véritablement sans pouvoir refuser. Face au mystère du mal, Dieu ne répond pas par une théorie abstraite. Il répond en entrant lui-même dans notre histoire. La toute-puissance divine se révèle de manière paradoxale dans la faiblesse de la croix et la puissance de la résurrection. Dieu ne supprime pas la souffrance par un décret, mais la traverse avec nous et la transfigure par l’amour. L’épisode évoque ensuite d’autres attributs classiques de Dieu, souvent mal compris. Dieu est simple : il n’est pas composé de parties, il ne change pas, il n’évolue pas comme les créatures. Son être est identique à son amour, à sa sagesse et à sa bonté. Cette simplicité fonde l’immutabilité divine : Dieu ne change pas, et son projet de salut demeure inébranlable. Là où tout passe et se transforme, Dieu reste fidèle. Enfin, l’éternité divine n’est pas une durée infinie, mais une présence hors du temps, capable d’embrasser d’un seul regard l’ensemble de l’histoire. Dieu porte tous les temps dans son amour créateur, comme une source qui demeure tandis que les événements s’écoulent. Un épisode exigeant et apaisant, pour comprendre que la toute-puissance de Dieu est, avant tout, une puissance de charité, qui respecte la liberté humaine et ouvre un chemin d’espérance au cœur même du mystère du mal. 🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
Créateur
« Créateur du ciel et de la terre » : une création libre, bénie et toujours en dépendance de Dieu La foi chrétienne exprimée dans le Credo est une foi en Dieu créateur. Non pas en un Dieu lointain ou indifférent à notre monde, mais en un Père Tout-Puissant qui donne l’existence à tout ce qui est, visible et invisible. Cet épisode propose une entrée patiente et exigeante dans ce que la foi chrétienne entend réellement par le mot « création ». Les récits bibliques de la Genèse déploient une imagerie forte et poétique : Dieu façonne, sépare, nomme, bénit. Mais ces images ne doivent ni être comprises de façon naïve ni rejetées comme dépassées. La Bible ne se présente pas comme un traité scientifique. Elle est un témoignage théologique, inscrit dans une culture et un langage précis, destiné à révéler le sens profond de l’existence du monde. Dire que Dieu crée, au sens biblique, signifie d’abord une vérité métaphysique fondamentale : tout ce qui existe pourrait ne pas exister. Chaque être est contingent, dépendant. S’il existe quelque chose plutôt que rien, c’est qu’il y a une cause première qui, à chaque instant, donne l’être. La création n’est donc pas seulement un commencement dans le temps, mais une dépendance radicale et continue de toute chose à l’égard de Dieu. Mais la révélation biblique va bien plus loin. Le verbe « créer » est réservé à Dieu seul. Il ne signifie pas transformer ou organiser une matière préexistante, mais faire surgir du neuf, à partir du néant. Dieu seul crée, et il crée seul. Il n’a besoin ni d’intermédiaires, ni d’assistants, ni de combats mythologiques. Le monde n’est pas issu d’une généalogie divine, ni d’un processus nécessaire : il est le fruit d’un acte libre. Dieu crée librement, sans contrainte ni besoin. Il ne crée pas par manque, mais par surabondance. La création n’est pas un produit secondaire de la divinité ; elle est un don. Et ce don se déploie par la parole : « Dieu dit, et cela fut ». La parole divine instaure l’ordre, la distinction, la cohérence du réel. Dès les premières pages de l’Écriture, se dessine le mystère du Verbe créateur. Chaque étape de la création est scellée par un même refrain : « Dieu vit que cela était bon ». Le monde n’est ni illusoire, ni mauvais par nature, ni une chute. Il repose sous la bénédiction de Dieu. Confesser Dieu créateur, c’est reconnaître cette bonté fondamentale de l’existence et recevoir le monde comme un don confié, porté par un regard de bienveillance. Un épisode pour redécouvrir la création non comme un récit concurrent des sciences, mais comme une confession de foi : celle d’un Dieu libre, source de l’être, qui appelle le monde à l’existence et le bénit. 🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
Univers visible et invisible
« Créateur de l’univers visible et invisible » : anges, liberté et combat spirituel Lorsque le Credo confesse Dieu comme « créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible », il affirme que l’acte créateur de Dieu ne se limite pas au monde matériel que nos sens peuvent percevoir. La foi chrétienne reconnaît l’existence d’un monde invisible, spirituel, qui précède et accompagne l’histoire humaine : le monde des anges. Cet épisode nous invite à élargir notre compréhension de la création. Dès les premiers versets de la Genèse, le « ciel et la terre » désignent l’ensemble du réel, bien avant la simple distinction entre firmament et terre ferme. L’univers créé comprend donc des réalités spirituelles, invisibles mais réelles, que l’Église confesse explicitement dans le Credo. Qui sont les anges ? Le mot « ange » signifie d’abord « messager » : celui qui porte une parole, une mission. Mais cette fonction suppose une nature propre. Les anges sont des créatures spirituelles, des « purs esprits », capables de connaître, d’aimer et de choisir, sans être liés à un corps, contrairement à l’homme qui est un esprit incarné. Avec les hommes, ils constituent le sommet de la création : des êtres capables de répondre librement à l’appel d’amour de Dieu. L’épisode éclaire la différence entre la liberté humaine et la liberté angélique. L’homme choisit lentement, dans le temps, par des actes répétés. Les anges, eux, se déterminent par un acte unique de l’intelligence et de la volonté. Leur histoire est déjà accomplie. Appelés à entrer dans l’intimité de Dieu, certains ont accueilli ce don dans l’adoration et l’humilité — « Qui est comme Dieu ? » — tandis que d’autres ont refusé de recevoir leur accomplissement comme une grâce. Ce refus radical donne naissance au monde des anges déchus, les démons, caractérisé par le repli sur soi, la volonté d’être sa propre fin, sa propre source de joie. Ce choix inaugure l’histoire du mal spirituel, qui précède l’histoire humaine et influencera ensuite, de manière indirecte mais réelle, la liberté de l’homme. La révélation biblique montre ainsi la présence discrète mais active des anges et des démons tout au long de l’histoire du salut : anges messagers, anges protecteurs, anges gardiens, mais aussi tentations, suggestions et combats intérieurs. Le monde visible et invisible se croisent constamment, jusqu’à leur réunion finale dans la Jérusalem céleste, où anges et hommes glorifiés participeront à l’unique louange de Dieu. Un épisode pour redécouvrir la profondeur du Credo et comprendre que la création n’est pas seulement matérielle, mais aussi spirituelle, appelée tout entière — visible et invisible — à la communion éternelle avec Dieu. 🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
L'homme et la chute
L’homme créé : image de Dieu, liberté et rupture originelle Le Credo confesse Dieu comme créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible. Après avoir évoqué la création du monde et celle des anges, cet épisode s’arrête sur le couronnement de l’acte créateur : la création de l’homme. La révélation biblique présente l’homme comme une créature singulière, située à la frontière du monde matériel et du monde spirituel. Pour comprendre ce que la Bible dit de l’homme, il est essentiel de distinguer le message théologique du langage imagé par lequel il est transmis. Les récits de la Genèse utilisent les symboles et les images d’une culture ancienne ; ils ne cherchent pas à fournir une explication scientifique, mais à dévoiler le sens profond de l’existence humaine. L’homme apparaît comme une rupture dans l’univers : être de parole, de conscience de soi, capable de se reconnaître, de nommer le monde et de s’y situer. Il ne se reconnaît pas dans les animaux ; aucun ne peut être pour lui une « aide qui lui corresponde ». La création de la femme manifeste alors que l’humanité est créée pour la relation. Tirée du côté de l’homme, la femme est son égale, son vis-à-vis. La première parole de l’homme devant la femme est une parole de poésie et d’émerveillement : l’humanité s’ouvre à la communion. Créé homme et femme, l’être humain reflète la vie même de Dieu. La bénédiction de la fécondité et de la sexualité appartient à l’ordre de la création : elle est un don originel, et non une conséquence du péché. L’homme est appelé à cultiver le jardin, à servir et à garder la création, dans une relation d’amitié avec Dieu et avec son prochain. Mais cette harmonie originelle est fragile. Le récit biblique du péché originel décrit non une faute biologique ou sexuelle, mais une rupture de la volonté. L’homme cherche à s’emparer de ce qui ne peut être que reçu : la connaissance du bien et du mal. La désobéissance naît de la défiance envers Dieu, soupçonné de s’opposer au bonheur humain. Ce choix entraîne des conséquences profondes : la peur de Dieu, la honte de soi, la rupture intérieure, la désagrégation des relations et l’incapacité à assumer pleinement sa responsabilité. Cette blessure originelle marque désormais la condition humaine : un repli sur soi, une fragilité de la liberté, une inclination au péché et à la mort. Toutefois, la foi chrétienne ne s’arrête pas à ce constat. Face au péché, Dieu ne renonce pas à l’homme : dès l’origine se profile la promesse du salut et de la rédemption. Un épisode essentiel pour comprendre la vision chrétienne de l’homme : créé pour l’amitié avec Dieu, libre et responsable, blessé mais toujours appelé à être relevé par la grâce. 🎙️ Un podcast des dominicains de Bordeaux
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