
Note sull'episodio
Promulgué entre 529 et 534 sous Justinien, le Corpus iuris civilis demeure notre principale source sur le droit romain. Maxime Saint-Hilaire, professeur de droit à l'Université de Sherbrooke, en présente l'architecture : le Codex, compilation de constitutions impériales ; les Institutes, manuel d'enseignement obligatoire hérité du plan de Gaius ; le Digeste enfin, qui rassemble en cinquante livres plus de neuf mille extraits de jurisconsultes, Paul et Ulpien au premier rang.
L'entretien déplace ensuite la question de la structure vers celle de la nature du corpus. En fixant par écrit une science juridique déjà déclinante, la codification justinienne préserve autant qu'elle transforme : les extraits sont sélectionnés, coupés de leur contexte littéraire, privés de leur profondeur historique et de leur arrière-plan philosophique. Le corpus donne ainsi du droit romain l'image d'un système, là où les jurisconsultes pratiquaient une discipline discursive, attentive aux cas. Notre invité y voit le double enjeu de la recherche actuelle : rendre le droit romain à son historicité, et redécouvrir derrière le texte une méthode juridique dont la pratique contemporaine pourrait encore tirer parti.
Ouvrage évoqué : Dario Mantovani, Les juristes écrivains de la Rome antique. Les œuvres des juristes comme littérature, Paris, Collège de France / Les Belles Lettres, coll. « Docet omnia », 2018.
L'Antiquité en œuvres est une initiative de la Fondation Humanitas pour les humanités gréco-latines au Québec. fondationhumanitas.ca