L'Antiquité en œuvres

L'Antiquité en œuvres

por Fondation Humanitas
Temporada 1

Sénèque le jeune, Les Lettres à Lucilius (avec Laetitia Monteils-Laeng)

Professeure de philosophie ancienne à l'Université de Montréal, Laetitia Monteils-Laeng consacre ses recherches actuelles aux représentations de la vieillesse dans la pensée antique. Elle vient présenter les Lettres à Lucilius, recueil de cent vingt-quatre lettres que Sénèque le Jeune adresse, à partir de 62 de notre ère, à son ami et élève Lucilius, alors gouverneur de Sicile. L'entretien s'ouvre sur l'homme et sur son siècle. Né à Cordoue dans une famille lettrée et fortunée, formé à Rome au droit et à la rhétorique avant de recevoir l'enseignement stoïcien d'Attale, Sénèque connaît successivement l'exil en Corse, le rappel par Agrippine comme précepteur du jeune Néron, puis une ascension politique fulgurante qui fait de lui l'un des hommes les plus riches de son temps. Cette proximité du pouvoir, que Tacite déjà lui reprochait, s'achève dans la disgrâce : retiré dans sa villa aux portes de Rome, Sénèque écrit en attendant l'ordre de mourir, qui viendra en avril 65. Les Lettres à Lucilius portent la marque de cette situation. Laetitia Monteils-Laeng y voit à la fois un espace intérieur où Sénèque trouve une forme de sécurité mentale et un véritable parcours de formation, savamment gradué, une sorte de cours à distance destiné au « progressant », celui qui chemine vers la sagesse sans y être encore parvenu. La conversation éclaire ce qui fait la singularité de l'entreprise : le choix du latin contre le grec, langue technique de la philosophie, qui ouvre la doctrine à un public cultivé plus large ; un style bref et mordant, nourri de métaphores guerrières et sportives qui donnent à penser l'âme comme un muscle à fortifier ; et surtout une philosophie menée à la première personne, où un moi s'adresse à un autre moi pour le convaincre d'exercer sa souveraineté sur lui-même. La lettre 12 en offre l'exemple le plus net : arrivé mécontent dans sa maison de campagne, Sénèque découvre dans la vétusté des murs, des platanes et du vieil esclave l'image de son propre vieillissement, et fait de cette rupture le point de départ d'une réflexion sur l'usage du temps qui nous reste. Édition de référence : Sénèque, Œuvres complètes, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins ». Émission diffusée le 20 janvier 2026 sur les ondes de Radio VM (CIRA-FM). Animation : Christophe Turcotte-Richard. L'Antiquité en œuvres est un projet de la Fondation Humanitas pour les humanités gréco-latines au Québec. Pour en savoir davantage sur nos activités et nos projets : www.fondationhumanitas.ca

Le Corpus Juris Civilis (avec Maxime St-Hilaire)

Promulgué entre 529 et 534 sous Justinien, le Corpus iuris civilis demeure notre principale source sur le droit romain. Maxime Saint-Hilaire, professeur de droit à l'Université de Sherbrooke, en présente l'architecture : le Codex, compilation de constitutions impériales ; les Institutes, manuel d'enseignement obligatoire hérité du plan de Gaius ; le Digeste enfin, qui rassemble en cinquante livres plus de neuf mille extraits de jurisconsultes, Paul et Ulpien au premier rang. L'entretien déplace ensuite la question de la structure vers celle de la nature du corpus. En fixant par écrit une science juridique déjà déclinante, la codification justinienne préserve autant qu'elle transforme : les extraits sont sélectionnés, coupés de leur contexte littéraire, privés de leur profondeur historique et de leur arrière-plan philosophique. Le corpus donne ainsi du droit romain l'image d'un système, là où les jurisconsultes pratiquaient une discipline discursive, attentive aux cas. Notre invité y voit le double enjeu de la recherche actuelle : rendre le droit romain à son historicité, et redécouvrir derrière le texte une méthode juridique dont la pratique contemporaine pourrait encore tirer parti. Ouvrage évoqué : Dario Mantovani, Les juristes écrivains de la Rome antique. Les œuvres des juristes comme littérature, Paris, Collège de France / Les Belles Lettres, coll. « Docet omnia », 2018. L'Antiquité en œuvres est une initiative de la Fondation Humanitas pour les humanités gréco-latines au Québec. fondationhumanitas.ca

Platon, l'Euthyphron (avec Julien Villeneuve)

Un devin se présente au tribunal d'Athènes pour y accuser son propre père de meurtre. Il y croise Socrate, que trois citoyens viennent d'assigner pour impiété et corruption de la jeunesse. De cette rencontre, Platon tire un dialogue bref qui ne conclut rien et qu'on lit depuis vingt-quatre siècles. Pour cet épisode de L'Antiquité en œuvres, Elsa Bouchard reçoit Julien Villeneuve, professeur de philosophie au Collège de Maisonneuve, pour lire l'Euthyphron, l'un des dialogues de jeunesse de Platon, composé dans les années qui suivent la mort de Socrate en 399 avant notre ère. Au fil de la conversation : les trois accusateurs, Anytos, Mélétos et Lycon, et la double accusation qui mènera Socrate à la ciguë. L'elenchos, que Villeneuve propose de traduire par « examen » plutôt que par « réfutation », parce que Socrate dit ne pas chercher à faire taire ses interlocuteurs mais à éprouver leurs idées. Euthyphron lui-même, devin, sûr de son savoir religieux, dont l'existence est attestée par un autre dialogue, le Cratyle, qui lui prête un goût pour l'étymologie. L'affaire qui l'amène au tribunal : un journalier au service de son père a étranglé un esclave du domaine, le père l'a fait ligoter et jeter dans un fossé, et l'homme est mort avant que les autorités ne rendent leur avis. Puis les définitions successives de la piété, ce qui plaît aux dieux, ce qui plaît à tous les dieux, le soin ou le service qu'on leur rendrait, et la difficulté qui les mine toutes : que donner à des dieux qui n'ont besoin de rien, sans faire de la religion un simple troc où les dieux auraient le mauvais rôle ? Le dialogue s'achève sur une dérobade d'Euthyphron, qui a soudain autre chose à faire. Villeneuve fait lire ce texte à ses étudiants chaque session, pour sa brièveté, pour son ironie qui passe six pieds au-dessus de la tête d'Euthyphron, et parce qu'il déstabilise aussi bien le croyant dogmatique que l'athée militant persuadé que philosophie et piété s'excluent. Épisode initialement diffusé sur les ondes de Radio VM (CIRA-FM) le 11 novembre 2025. Une production de la Fondation Humanitas pour les humanités gréco-latines au Québec. fondationhumanitas.ca

Homère, L'Odyssée (avec Elsa Bouchard)

Elsa Bouchard, professeure de littérature grecque à l'Université de Montréal, rappelle d'emblée qu'« Homère » est d'abord un nom conventionnel, celui auquel l'Antiquité a rattaché deux poèmes monumentaux, L'Iliade et L'Odyssée. On ne sait rien de sa vie, on ignore s'il a existé, on ne sait pas davantage s'il faut lui attribuer les deux œuvres ou une seule. La date traditionnelle de la fin du VIIIe siècle avant notre ère n'est qu'une borne haute, et certains chercheurs font descendre la composition jusqu'au VIe siècle. À cette incertitude s'ajoute un paradoxe que l'entretien prend le temps d'exposer : l'écriture ne réapparaît en Grèce qu'à l'aube de la période archaïque, autour de 776, date conventionnelle des premiers Jeux olympiques. Comment expliquer que deux œuvres d'une telle ampleur surgissent quelques décennies à peine après le retour de l'alphabet ? La réponse, acquise depuis le premier quart du XXe siècle et aujourd'hui largement admise, tient à l'origine orale des poèmes : les répétitions, les épithètes, ces blocs de mots que l'on nomme formules trahissent un art de la composition en performance, transmis par les aèdes et les rhapsodes à l'intérieur d'un cadre métrique qui en rend la mémorisation possible. Elsa Bouchard souligne du même coup l'extraordinaire feuilletage temporel de l'œuvre : certains objets décrits dans les poèmes remontent à la culture mycénienne, soit près d'un demi-millénaire avant l'époque du poète, et voisinent avec des réalités contemporaines de la période archaïque. L'entretien se déplace ensuite vers le poème lui-même. L'Odyssée, du grec Odysseia, est le poème d'Odysseus, c'est-à-dire d'Ulysse : le récit d'un retour, celui d'un héros de la guerre de Troie vers Ithaque, dont il est le roi, après une absence de vingt ans. Elsa Bouchard insiste sur un point que l'imaginaire populaire a tendance à effacer. Les aventures fantastiques, le Cyclope, les Sirènes, les pays exotiques peuplés de créatures dangereuses, n'occupent que quatre chants sur vingt-quatre, ceux que la tradition appelle les apologues, et Ulysse les raconte lui-même, à la première personne, devant ses hôtes. La plus longue partie du poème se déroule en Grèce, à Ithaque, à partir du treizième chant : Ulysse y est rentré, mais déguisé en mendiant par Athéna, sa complice de toujours, et il éprouve les siens pour distinguer les fidèles des traîtres. S'y déploient alors les thèmes propres à ce poème : la ruse plus que la force, l'identité sans cesse dissimulée ou perdue, la fidélité et le bonheur conjugal, absents de L'Iliade, et un motif politique insistant, celui du royaume déserté par sa figure d'autorité et livré à la dégénérescence morale, une anarchie au sens littéral, sans chef ni archonte. La Télémachie, ces quatre premiers chants où le fils part en quête de nouvelles de son père, participe de la même interrogation. Contre ceux qui voient dans L'Odyssée une compilation, Elsa Bouchard défend l'idée d'un dessein d'ensemble, d'une unité qui se laisse deviner sous la disparité. Elle termine sur une invitation sans réserve : l'œuvre est d'un abord facile, elle se lit comme un roman d'aventures, et l'on n'a jamais vu personne s'ennuyer à sa lecture. Une émission animée par Christophe Turcotte-Richard, diffusée sur les ondes de Radio VM. L'Antiquité en œuvres est un projet de la Fondation Humanitas pour les humanités gréco-latines au Québec. Pour plus d'informations, visitez fondationhumanitas.ca.

Les lettres d'Épicure (avec Mathilde Cambron-Goulet)

Trois lettres, et rien d'autre : de l'œuvre immense d'Épicure, un philosophe qui prônait le plaisir sans jamais désigner ce que nous entendons par là, il ne subsiste que trois lettres, deux recueils d'aphorismes et quelques papyrus calcinés tirés des cendres du Vésuve. Pour cet épisode de L'Antiquité en œuvres, Elsa Bouchard reçoit Mathilde Cambron-Goulet, professeure au département d'éducation et pédagogie de l'Université du Québec à Montréal, docteure en philosophie de l'Université de Montréal et autrice de Partager les savoirs. Pratiques orales et écrites de la philosophie dans l'Antiquité (Garnier, 2023), pour explorer les lettres d'Épicure, né à Athènes en 341 avant notre ère, fondateur du Jardin, cette communauté soudée où l'on célébrait l'amitié, la frugalité et les repas pris en commun. Au fil de la conversation : pourquoi la lettre plutôt que le traité, dans une Antiquité sans service postal où toute lettre confiée à un ami voyageur était potentiellement publique. Le Jardin et son ouverture aux femmes et à tous les âges. La lettre à Ménécée, sept ou huit pages qui tiennent en une lecture de dix minutes, et ses quatre thèmes : les dieux qui ne s'occupent pas de nous, la mort qui n'est rien puisqu'elle abolit toute sensation, la vie vertueuse qui coïncide avec la vie de plaisir. Et surtout ce plaisir défini comme absence de douleur, aux antipodes de ce que le mot « épicurien » désigne aujourd'hui : une fraise mangée quand on a faim, un verre d'eau quand on a soif, l'air qui repasse librement dans les narines après une semaine de rhume. Épisode initialement diffusé sur les ondes de Radio VM (CIRA-FM) le 4 novembre 2025. Une production de la Fondation Humanitas pour les humanités gréco-latines au Québec. fondationhumanitas.ca

Aristophane, Lysistrata (avec William Bouchard)

La comédie la plus célèbre d'Aristophane, sa pièce la plus jouée encore aujourd'hui, met en scène une femme qui décide d'arrêter la guerre du Péloponnèse par la grève du sexe. Pour cet épisode de L'Antiquité en œuvres, Elsa Bouchard reçoit William Bouchard, doctorant en humanités numériques et titulaire d'une maîtrise en études classiques de l'Université de Montréal, pour explorer Lysistrata, créée à Athènes en 411 avant notre ère, en pleine guerre du Péloponnèse, deux ans après le désastre de l'expédition de Sicile. Au fil de la conversation : ce qu'était la comédie ancienne, ce théâtre en vers présenté lors des concours dramatiques en l'honneur de Dionysos, avec son chœur, ses masques, ses accessoires burlesques et sa liberté de ton sans équivalent dans l'histoire du théâtre. La pièce, son intrigue, l'occupation de l'Acropole et la fameuse scène de Myrrhiné et Cinésias. Et surtout, la question qui traverse tout l'entretien : derrière la guerre des sexes, n'est-ce pas la guerre tout court qu'Aristophane prend pour cible ? Un échange qui interroge aussi la postérité étonnamment vivace de cet humour vieux de vingt-cinq siècles. Épisode initialement diffusé sur les ondes de Radio VM (CIRA-FM) le 21 octobre 2025. Une production de la Fondation Humanitas pour les humanités gréco-latines au Québec. fondationhumanitas.ca

Xénophon, l'Anabase (avec Vitor de Simoni Milione)

Elsa Bouchard reçoit Victor de Simone Milione, chercheur postdoctoral à l'Université fédérale de Rio et titulaire d'un doctorat en philosophie de l'Université de Montréal, pour explorer l'Anabase de Xénophon. Né vers 430 avant Jésus-Christ, Xénophon d'Athènes fut tout à la fois disciple de Socrate, homme d'action et écrivain prolifique. De son corpus remarquablement varié, l'Anabase demeure l'une des œuvres les plus célèbres : le récit de l'expédition des Dix Mille, ces mercenaires grecs engagés par Cyrus le Jeune contre son frère Artaxerxès II, puis livrés à eux-mêmes au cœur de l'empire perse après la mort de leur commanditaire à la bataille de Cunaxa. Commence alors une longue remontée vers la mer, à plus de mille kilomètres de la Grèce, à travers des territoires hostiles. Notre invité montre comment ce texte inclassable mêle l'historiographie, l'autobiographie à la troisième personne, l'enquête ethnographique dans le sillage d'Hérodote et une véritable réflexion sur le leadership, l'art de commander et de convaincre, la cohésion d'une communauté privée de ses structures. Il évoque aussi la place des dieux, la résonance de ce nostos avec l'Odyssée, et ce cri resté célèbre lorsque l'armée retrouve enfin le rivage : « Thalassa, Thalassa ». Une émission de la Fondation Humanitas pour les humanités gréco-latines au Québec, animée par Elsa Bouchard. Pour plus d'informations sur nos activités, visitez notre page web www.fondationhumanitas.ca

Guillaume Budé (avec Claude La Charité)

Dans ce nouvel épisode de L'Antiquité en œuvre, Christophe Turcotte-Richard s'entretient avec Claude La Charité, professeur de littérature à l'Université du Québec à Rimouski et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire littéraire et patrimoine imprimé, spécialiste des humanistes de la Renaissance. Ensemble, ils retracent le parcours de Guillaume Budé, juriste et fondateur du Collège de France, qui apprend le grec ancien en autodidacte à la fin du XVe siècle, à une époque où les ressources pour ce faire sont quasi inexistantes en France. L'entretien revient sur les trois grands traités qui ont assis sa réputation à l'échelle européenne : les annotations aux Pandectes, qui éclairent le droit romain pour mieux comprendre la pratique juridique de la Renaissance ; le De Asse et partibus eius, qui établit des équivalences entre les unités monétaires antiques et celles du XVIe siècle ; et les Commentarii linguae graecae, véritable défense et illustration de la langue grecque. La discussion aborde également le rôle de précurseur joué par Budé dans l'âge d'or des études grecques en France, son amitié avec François Rabelais, ainsi que l'héritage durable de son nom, toujours attaché aujourd'hui à la célèbre collection des Universités de France publiée par les Belles Lettres. Un entretien qui éclaire la naissance de l'humanisme français et qui montre, à travers le rapport de Budé à l'altérité du passé, toute l'actualité de sa démarche face aux textes de l'Antiquité. Une entrevue diffusée à l'origine sur les ondes de Radio VM (CIRA FM) le 7 octobre 2025. Pour plus d'informations sur nos activités, visitez notre page web : https://www.fondationhumanitas.ca Pour voir la fiche de l'émission sur le site de la station : https://www.radiovm.com/ecouter/programmation/lantiquite-en-oeuvres

Thucydide, la Guerre du Péloponnèse (avec Agathe Roman)

Dans cet épisode, Elsa Bouchard s'entretient avec Agathe Roman, professeure de lettres classiques et cinéma au Collège Stanislas de Montréal, chargée de cours à l'UQAM et membre de l'Institut d'études anciennes de l'Université Laval. Titulaire d'un doctorat en langue et littérature ancienne de l'Université de Franche-Comté, Agathe Roman est l'autrice de la monographie L'Erreur et la faute dans l'Histoire de la guerre du Péloponnèse de Thucydide. Ensemble, elles reviennent sur l'œuvre fondatrice de l'historiographie grecque : l'Histoire de la guerre du Péloponnèse, rédigée au tournant du Ve et du IVe siècle avant notre ère. Qui était Thucydide, cet Athénien exilé qui voulut consigner en direct le conflit le plus meurtrier de son monde ? Quelle méthode revendiquait-il, et dans quelle mesure s'y tenait-il réellement ? La conversation aborde la structure de l'œuvre, la place singulière des discours reconstruits, la notion de ktèma es aei, ce « trésor pour toujours » destiné à la postérité, et le célèbre Dialogue des Méliens, mise en scène littéraire autant que témoignage historique. Agathe Roman éclaire également les enjeux moraux et judiciaires qui traversent le récit de Thucydide, entre faute tragique et responsabilité individuelle, dans un Ve siècle athénien en pleine révolution sophistique. Un entretien qui invite à relire Thucydide non comme un ancêtre de l'historiographie moderne, mais comme un auteur à part entière, dont la pertinence reste entière à l'heure où le discours politique redevient spectacle.

Plutarque, les Dialogues pythiques (avec Xavier Brouillette)

Dans cet épisode de L'Antiquité en œuvre, Elsa Bouchard s'entretient avec Xavier Brouillette, professeur de philosophie au Collège du Vieux-Montréal, docteur de l'École pratique des hautes études (Paris) et auteur de La philosophie delphique de Plutarque. L'itinéraire des dialogues pythiques. La discussion porte sur les trois Dialogues pythiques de Plutarque de Chéronée (env. 45-125 de notre ère) : L'E de Delphes, Les oracles de la Pythie et La disparition des oracles. Rédigés alors que Plutarque exerce la prêtrise au sanctuaire d'Apollon, ces textes témoignent à la fois du déclin progressif de Delphes sous l'Empire romain et d'une ambition philosophique singulière : penser la divination, l'inspiration prophétique et la communication entre le divin et l'humain à l'aide de l'appareillage conceptuel platonicien. Au fil de l'entretien sont abordés : la biographie et la position singulière de Plutarque dans le monde gréco-romain ; la forme dialogique héritée de Platon et son usage pour faire dialoguer platoniciens, stoïciens, épicuriens, péripatéticiens et cyniques ; la centralité panhellénique de Delphes et sa transformation à l'époque impériale ; la démonologie comme théorie des intermédiaires entre intelligible et sensible ; la question du passage des oracles du vers à la prose ; et la postérité de ces réflexions jusque dans le néoplatonisme et la tradition chrétienne. Invité : Xavier Brouillette (Collège du Vieux-Montréal) Animation : Elsa Bouchard Mots-clés : Plutarque, Delphes, dialogues pythiques, oracle, Pythie, Apollon, philosophie ancienne, platonisme, démonologie, seconde sophistique, Grèce romaine.
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